Entre amélioration de la logistique, formation des personnels logisticiens et lutte contre la désinformation, entre autres, le projet SLL porté par cette organisation a considérablement contribué au renforcement de l’accès aux vaccins.
Par Guy Martial Tchinda
Porté par sa maman, Loïc Dongmo tète. Une « bouffée d’oxygène » pour oublier momentanément la douleur de l’injection subie quelques minutes plus tôt. Il est un peu plus de 9h ce 31 juillet, et ce nouveau-né de quelques semaines vient de recevoir sa dose de vaccin BCG dans un centre de santé à Yaoundé. Sa maman qui partage un même banc dans la salle d’attente de cette formation sanitaire avec plusieurs autres parents venus vacciner leurs enfants ne cache pas sa surprise quant à la facilité avec laquelle elle a trouvé le vaccin.
« Il y a cinq ans, quand j’ai accouché de sa sœur, j’ai eu de la peine à trouver certains vaccins », explique Dame Djiatsa. Des propos qu’une infirmière corrobore. « A cette période-là, rencontrait des difficultés d’approvisionnement », lance-elle. Non sans expliquer que « notre district de rattachement avait connu une panne électrique et il leur était difficile de conserver les vaccins ».
159 réfrigérateurs
Des difficultés qui ne relèvent plus que du passé, tant le district en question a été doté de deux réfrigérateurs homologués alimentés par énergie solaire. Un don de Africa CDC, octroyé dans le cadre de la mise en œuvre du projet Lives and Livelihoods (SLL) – Sauver des vies et préserver les moyens de subsistance, en français-. De quoi améliorer les capacités du district en matière de stockage et du ravitaillement des formations sanitaires d’attache en vaccins.
Comme ce district de santé, plusieurs autres à travers le pays ont reçu des réfrigérateurs homologués. « Avec le projet SLL, nous avons bénéficié de 159 réfrigérateurs qui ont été installés dans les dépôts des districts de santé qui sont en fait l’avant-dernier niveau de notre chaîne d’approvisionnement où le plus gros stock de vaccins au niveau opérationnel est stocké. Donc, actuellement, nous avons dans tous les dépôts des districts du pays un équipement de la chaîne du froid qui nous permet de stocker les vaccins dans toutes les conditions de sécurité possibles », explique Simon Atangana, le chef de la section logistique au Programme élargi de vaccination (Pev). Et d’ajouter que « les 159 équipements nous ont permis d’avancer. On est passé de 35% où nous étions pour arriver actuellement à 45% de disponibilité des équipements homologués sur le terrain ».
Outre le don de réfrigérateurs homologués, le projet a contribué à limiter les délais d’approvisionnement de certaines localités en vaccins. Ce, grâce à l’acquisition des véhicules et des camions frigorifiques qui permettent un transport sécurisé des vaccins. « Avant, on avait beaucoup de vaccins au niveau central, mais il fallait les transporter dans les véhicules frigorifiques que nous n’avions pas assez, ce qui avait pour conséquence de rallonger le délai de livraison. Avec ces véhicules que nous avons acquis grâce à la Africa CDC, nous pouvons désormais transporter les vaccins dans toutes les meilleures conditions de sécurité et surtout garder l’efficacité des vaccins sur le terrain », ajoute Simon Atangana.

COVID-19
De même, le projet a permis au Cameroun de mener une guerre sans merci contre la déformation autour de la vaccination. Une action qui a contribué de manière déterminante à l’amélioration de la riposte au COVID-19, une pandémie qui a ébranlé le système de santé du pays. « Nous voulions parvenir à expliquer aux communautés l’importance de la vaccination, dans un contexte où il y avait beaucoup de préjugés et de rumeurs. La vaccination se présentait comme le meilleur moyen pour réduire les risque lié au COVID-19 », Renauld Bodiong, secrétaire général adjoint de la Croix-Rouge camerounaise, partenaire de mise en œuvre du projet.
Selon ce dernier, le Projet a contribué substantiellement à améliorer la situation « En termes d’impact, entre le début et la fin du projet, les chiffres ont été grandissant », rappelle-t-il. Non sans revenir sur le mode opératoire de cette organisation qui, pour ce travail dans les communautés, a collaboré avec plusieurs autres parties prenantes. « Nous avions des caravanes mobiles qui consistaient à déployer des véhicules sonorisés équipés de haut-parleurs et grandes affiches avec nos volontaires pour sillonner les zones de grandes concentrations humaines pour discuter avec les populations. A côté, nous avions aussi une stratégie de porte-à-porte. On a aussi tenu des réunions avec des leaders communautaires.
Le Projet qui a été mis en œuvre de 2021 à 2024 a également contribué renforcer les capacités des ressources humaines, principalement celles du domaine de la gestion des vaccins et de la chaîne de froid. Une formation assurée par le Programme alimentaire mondial, partenaire de mise en œuvre de ce volet. « Le Programme alimentaire mondial a formé un total de 385 personnels du Programme élargi de vaccination, que ce soit au niveau national ou régional et certains personnels du Pam pour être sûr qu’on a les mêmes standards et les mêmes bonnes pratiques appliqués à tous les niveaux. Au départ, il était planifié de faire quatre à 5 formations, mais nous avons fini par en faire 11 », explique Anne-Laure Maïola, chargée des projets bilatéraux au Pam, bureau du Cameroun. Une agence des Nations Unies qui contribue également au transport des vaccins.
Faut-il le préciser, l’initiative Saving Lives and Livelihoods (SLL) est le fruit d’un partenariat entre les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et la Fondation Mastercard. Le projet a contribué de manière significative à la réponse de l’Afrique et particulièrement du Cameroun à la pandémie de COVID-19. La phase I de ce projet s’est concentrée sur l’élargissement de l’accès aux vaccins, le renforcement de la sécurité sanitaire, et le développement de capacités à long terme pour faire face aux pandémies futures. S’ils se félicitent des réalisations de cette première phase, l’ensemble des partenaires de mise en œuvre rencontrés au Cameroun souhaite voir cette initiative se pérenniser.





